Eurodiagonale Dunkerque-Copenhague. Etape 2 Anvers-Arnhem 25/06/2018. Guy Amat-Jackie Cibrario

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Anvers aurait mérité que l’on s’y attarda un peu, mais hier soir à l’arrivée ce n’était pas le moment de la flânerie mais celui d’un épisode inédit de fort Boyard chez les belges. J’avais perdu mon Jackie à la sortie du tunnel de l’Escaut, les hôtels pointés sur mon gps étaient complets, des rues barrées par des travaux, les panneaux en flamands et les flamandes qui dansent sans rien dire, heureusement il y a les indiens. Ils sont partout les indiens ici et c’est l’indienne de la réception de l’hôtel Ibis qui me donna la clé de l’énigme en m’expédiant chez son frère à l’hôtel « century comfort » entre guillemets, car pour le confort faudra repasser et pour le petit déjeuner aussi d’ailleurs.

Préparé en catastrophe derrière le comptoir, le lendemain matin au moment même de notre départ, je découvrirai plus tard dans la poche graisseuse un crouton de pain avec un trou emménagé au centre où baignait une sardine à l’huile enroulée dans une tranche de tomate, une pomme et un Fanta. En attendant le retour de Jackie que je retrouverai avec plaisir et surprise (…en même temps) à l’hôtel vers 21H, j’allais dîner en terrasse dans un restaurant, au coin de la gare centrale, et fis quelques photos en passant. Avec celle de Perpignan, la gare d’Anvers est une des plus belles gares du monde. Elle s’étale sur 4 niveaux. Sur la photo, le train est (é)garé au-dessus de moi alors que je suis au rez de chaussée ? y a quelque chose qui cloche là-dedans ! j’y retourne immédiatement !

Ce Lundi 25 juin 5h, nous traversons la place de la gare et filons en direction de Schoten pour prendre le pont de l’historique canal Albert sous un ciel si gris qu’il faut lui pardonner me glisse à l’oreille le chanteur belge qui ne me quitte pas et monter par le canal Turnhout, plus modeste, vers la Hollande.

 

 

 

 

 

 

Quelques péniches et bateaux de plaisance amarrés ici ou là ainsi que des écluses à ponts levants en parfait état de fontionnement témoignent d’une certaine activité dont on peut douter tant le canal est calme ce matin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà maintenant, qu'il se prend pour le « canal du midi »? mais il te manque les platanes mon vieux !  Chez nous le canal serpente entre les platanes, ici c’est rectiligne et monotone mais ça roule tout seul. Une bonne mise en jambe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après quinze kilomètres on quitte le canal à Brecht pour prendre les pistes cyclables dallées de plaques de béton que bordent la nationale en direction de Minderhout .

Les chocs répétés aux passages des raccordements de plaques finiront par casser le crochet quick d’une de mes sacoches que j’attachai avec un fil de fer trouvé dans la trousse de Jackie.

La vie d’une eurodiagonale ne tient parfois qu’à un fil… L’assemblage tiendra le coup jusqu’au bout du voyage mais dès lors j’aurai en tête d’éviter les creux, les bosses, les pavés, les sauts de trottoirs, rajoutant des difficultés supplémentaires à mes affaires déjà malmenées.

Passé Minderhout nous entrons au Pays Bas par un couloir qui s’ouvre en direction de Baarle. La situation de la frontière dans cette région est très complexe. C’est du gruyère ; Baarle, située en Hollande, est parsemée de trous belges ; maisons partagées en deux, ligne de frontière en bordure de la terrasse d’un café, etc…

 

Ce n’est pas très original de dire que la Hollande est le pays du vélo, tous les cyclistes le savent, mais quand on y est on mesure à quel point l’écart est grand, abyssal même, entre les routes hollandaises et les nôtres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Route secondaire, peu après Baarle, où le quart de la chaussée est réservé aux vélos.

Si des vélos sont présents des deux côtés de la route, les voitures n’ont pas la place de se croiser sur la voie centrale trop étroite, et doivent rester derrière avant de déboiter. De fait, ce simple découpage (au pinceau?) rend le vélo prioritaire.

    

 

 

 

 

 

 

 

A l’entrée de S-Hertogenbosh nous longeons un petit canal non navigable où s’épanouissent les nénuphars qui comme les cyclistes fleurissent le matin et flétrissent le soir

 Arrêt chez un marchand de vélos à Oss pour l’achat d’une paire de gants. Pas facile de se faire comprendre. Jackie commence par un « ainsi-font-font-font » avec les mains levées, suivi d’un va et vient équivoque de l’index dans la paume de la main. C’est suspect ! le type nous observe à distance et finit par comprendre : ouf !  

 

 

 

 

Nous traversons la Meuse à Megen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le bac Jackie enlève le bas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Ewijk, nous prenons le pont de Tacitus (Tacitusbrug), sur un bras du Rhin : le Waal. C’est le delta du Rhin qui débouche à Rotterdam. On se selfie sous les haubans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers 17h, nous franchissons le Rhin à Arhnem qui marque la fin notre étape.

 Nous tournons indéfiniment dans le centre-ville à la recherche des hôtels pointés sur mon Gps : le premier n’accepte pas les vélos à l’intérieur de la maison, on croit avoir mal compris, au royaume du vélo c’est à peine croyable, acculé je risque une tournure anglaise de concours, la dame tourne les talons sans me répondre et court se réfugier au fond de sa salle à manger. On ne la reverra plus ? Quant au second hôtel ; il est fermé.

Nous quadrillons le quartier en long en large et en travers, l’heure tourne, il est temps que l’on se pose. La serveuse d’un burger nous tire de la mouise en trouvant sur son smartphone un hôtel situé à proximité de la gare centrale. On fonce ! l’hôtel est superbe il serait même « disegne » d’après l’enseigne : Design Hôtel Modez ? Nous sommes accueillis par une jeune femme très classe sur ses talons aiguilles. Jackie relève sa moustache et étale son palmarès pour la convaincre que son noble Colnago ne soit pas traité comme un valet et puisse nous accompagner dans la chambre mais rien n’y fait la jeune femme reste inflexible ; il passera la nuit comme un troupeau vulgaire attaché au mien dans le sas de l’entrée de l’hôtel.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le compteur de Jackie "ou l'urgence absolue d'un abaissement des temps d'arret"

 

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